Le cabinet Farge Associés assure la défense des dépanneurs professionnels contre la Préfecture du Val d’Oise qui a pris un arrêté pour interdire l’intervention de dépanneurs non agréés sur ses voies rapides et procédé à des confiscations de véhicules. Le 10 septembre, il adresse une lettre ouverte au Ministre chargé des Transports Dépanneurs pirates et crime de faux en écriture publique
Lettre ouverte au Ministre chargé des Transports Dépanneurs pirates et crime de faux en écriture publique

Dépanneurs « pirates » et faux en écriture publique : lettre ouverte de Me Pierre Farge au ministre des Transports
Le 10 septembre 2025, Me Pierre Farge, avocat à la Cour, a adressé une lettre ouverte au ministre des Transports,afin d’alerter sur une situation préoccupante dans le Val-d’Oise.
En mars dernier, un arrêté préfectoral a interdit aux dépanneurs non agréés d’intervenir sur les réseaux routiers et autoroutiers non concédés du département. Selon l’avocat, cette décision contrevient au droit commun et entraîne une série de contentieux : recours administratifs, plaintes pénales, et plus récemment une plainte pour faux en écriture publique visant un officier de police.
Me Farge dénonce :
-
des sanctions disproportionnées et abusives contre ses clients dépanneurs,
-
des enquêtes conduites à charge, occultant des preuves essentielles,
-
et plus largement, un climat d’anarchie entretenu par les autorités locales au mépris de l’État de droit.
S’il reconnaît la nécessité de lutter contre certains abus de dépanneurs non homologués, il estime inadmissible de détourner l’appareil d’État pour servir des intérêts particuliers.
Par cette lettre ouverte, l’avocat appelle le ministre à garantir une politique nationale cohérente, respectueuse des principes républicains et de la séparation des pouvoirs.
Retrouvez ci-dessous le texte intégral de la lettre adressée au ministre.
Chronologie de l’affaire au travers des articles parus dans Le Parisien.
Le Parisien du 29 avril 2025 se fait l’écho de cette affaire où deux points de vue s’affrontent :
- La Préfecture du Val d’Oise a adopté un arrêté le 23 mars pour réserver aux dépanneurs agréés les interventions sur les autoroutes et voies rapides du département 95 et communique sur les réseaux sociaux sur l’interpellation « en flagrant délit » de « 2 dépanneurs pirates » sur l’autoroute A115.
- Les dépanneurs mis en cause contestent la légalité de l’arrêté en question et contre-attaquent, notamment, avec une plainte pénale pour abus d’autorité, vol et association de malfaiteurs, leurs véhicules de dépannage ayant été confisqués.
Val-d’Oise : les « dépanneurs pirates » contre-attaquent après l’interdiction d’intervenir sur les voies rapides
Après la communication offensive de la préfecture qui a pris un arrêté pour interdire l’intervention de dépanneurs non agréés sur les autoroutes et voies rapides, ces derniers organisent la riposte. Ils rappellent que leur activité est dûment déclarée et déposent plainte contre le préfet pour abus d’autorité, vol et association de malfaiteurs.
Val-d’Oise : les « dépanneurs pirates » demandent la restitution de leurs véhicules
Alors qu’ils contestent la légalité de l’arrêté préfectoral imposant aux dépanneurs d’être agréés pour intervenir sur les voies rapides du département, deux d’entre eux se sont vu confisquer leur outil de travail. Ils ont saisi le tribunal pour obtenir leur restitution.
Maître Pierre Farge réagit dans les colonnes du Parisien du 29 juillet :
« En tout premier lieu, je souligne que mes clients ne sont pas des pirates : ils appliquent les tarifs réglementés et disposent de véhicules de dépannage pour véhicules légers et poids lourds parfaitement en règle pour évacuer des engins en panne ou accidentés »,
Pour l’avocat, qui demande le retrait des publications sur les réseaux sociaux, les qualifier de « pirates » est infamant.
Au-delà de la forme, l’avocat conteste la légalité de cet arrêté. “La loi prévoit un agrément pour les dépanneurs intervenant sur les autoroutes concédées par l’État, c’est-à-dire lorsqu’elles sont exploitées par des gestionnaires privés. Or, les voies rapides du Val-d’Oise ne sont pas des autoroutes concédées. L’arrêté ne repose donc sur aucune base légale, il est abusif.” »
« Selon lui, tous les dépanneurs devraient pouvoir travailler sur les axes visés par l’arrêté – les autoroutes A1, A15 et A115, les nationales 14, 104 et 184 et les départementales 915, 14, 170, 301 et 317 – comme sur n’importe quelle autre route du Val-d’Oise. »
Me Pierre Farge prévoit donc de déposer un recours pour “excès de pouvoir”.
« Quand bien même mes clients auraient exercé leur activité de dépanneurs sur une voie d’autoroute concédée sans disposer d’agrément, ces agissements sont passibles d’une amende de 4e classe, soit 135 €. Rien ne justifiait qu’ils soient encerclés par deux dépanneuses de la fourrière puis interpellés de façon aussi musclée », martèle-t-il.
Concernant la confiscation : « La manœuvre est si grossière que mes clients n’ont jamais été notifiés du placement en fourrière de leur véhicule par lettre recommandée avec avis de réception dans les cinq jours, comme l’impose le droit en vigueur », poursuit l’avocat.
Il affirme qu’aucun élément ne permet aux dépanneurs de savoir où sont leurs véhicules, ni d’engager des recours. Il annonce également une plainte pour vol et évoque une « association de malfaiteurs » entre dépanneurs concurrents, qui auraient bloqué l’accès à une station-service, parlant même de « guet-apens » et accusant la police de complicité.
Le courrier adressé par Maître Pierre Farge début avril pour demander la suppression des publications sur les réseaux sociaux et la restitution des véhicules reste à ce jour sans réponse.
e 29 juillet 2025



































