Acquise en 2020 à la barre du tribunal de commerce, la maison de ventes aux enchères Pierre Bergé & Associés (PBA) vient d’être cédée à Alexandre Millon en avril 2026, générant une plus-value substantielle. Un redressement qui, à y regarder de plus près, soulève de graves questions sur les méthodes employées.
En effet, tous les moyens ont été bons pour redresser l’activité de la maison de ventes, parfois au mépris des obligations légales et prudentielles.
Plusieurs victimes dénoncent les pratiques des frères Landre, l’un commissaire-priseur et l’autre, associé de la SAS Nouvelle Société PBA, à l’origine d’une structuration visant à diluer leur responsabilité à travers une multitude de sociétés (SAS PBA Beaune, notamment).
Les faits reprochés sont graves : la vente aux enchères de mobilier sans vérification préalable de son origine, conduisant de véritables propriétaires à découvrir fortuitement leurs biens dans des catalogues de vente publique, alors qu’ils les avaient confiés en dépôt pour leur revente à un antiquaire beaunois, la Galerie Berger… dont le nom est un troublant homonyme de Pierre Bergé.
L’affaire ne se limite pas au seul terrain civil. Suite à l’enquête publiée par le Journal des Arts, nous confirmons qu’une enquête préliminaire a été ouverte au parquet de Paris et que le Commissaire au gouvernement a été saisi.
Il est édifiant d’apprendre que des condamnations antérieures existent déjà, dont celle prononcée par le tribunal judiciaire de Dijon (n°22/00226).
Toutes les victimes sont invitées à se manifester pour se constituer parties civiles et obtenir réparation de leur préjudice.
Le marché de l’art repose sur la confiance. Cette affaire rappelle, douloureusement, à quel point elle peut être trahie.
Crédit Image à la Une : Couverture du catalogue de la vente « La Collection Berger, une dynastie de collectionneurs » en 2024. © Pierre Berger et Associés

