L’exposition de l’artiste à Paris. Un rêveur immergé dans la réalité

Paris. Il utilise des couleurs primaires, les mélange et en crée de nouvelles, prend des ciseaux et des pinceaux, des couleurs et des découpes, construit des tableaux en portant une attention particulière à chaque détail où des pièces en bois, en fer, en acrylique, en plâtre ou de simples sculptures sur papier attirent et conquièrent le spectateur. Il nous fait voyager dans le présent qui nous entoure en focalisant l’attention sur l’actualité, les nouvelles, les principes de la géopolitique internationale et le concept universel de liberté analysé sous plusieurs points de vue.

C’est Pietro Ruffo, l’architecte/artiste, un rêveur qui a les pieds sur la réalité dont il s’inspire pour ses histoires, créateur d’images qui nous font réfléchir mais surtout nous étonnent et rêvent.

Roman, né en 1978, lauréat du prix du Caire et du prix de New York, a déjà eu plusieurs expositions individuelles et collectives dans des musées et des fondations, est salué par le monde de l’art et les critiques, est recherché par les collectionneurs et parrainé par les plus raffinés et les plus snobs du monde éphémère de la mode.

Il y a deux ans, Maria Grazia Chiuri, ancienne directrice de création de Valentino, l’a choisi pour la mise en scène de Memorabilia, le défilé de mode pour le 50ème anniversaire de la maison romaine de Piazza Mignanelli. Maintenant qu’il a repris la direction de Dior, elle l’a également emmené à Paris, lui faisant créer des tableaux et des animaux en bois volés dans la jungle pour son jardin enchanté des Invalides.

En plein cœur de la Ville Lumière, la Galerie Italienne l’a accueilli avec l’exposition « L’Illusion Parfaite », consacrée à la nouvelle série « Migrations », des œuvres qui avec leurs couleurs – blanc et bleu – rappellent la céramique chinoise ; dessins, cartographies et découpages avec lesquels il a fait une analyse personnelle des flux migratoires, en s’appuyant sur sa technique méticuleuse et délicate qui lui a permis de mieux montrer la fragilité d’un monde en perpétuel mouvement.

Les peuples anciens se déplacent sur des planisphères enfermées dans des cadres ronds, coniques, ovales ou étoilés : ils vont d’un continent à l’autre avec leurs animaux (éléphants, chevaux, voire ours et guépards) en suivant le chemin des oiseaux, que Ruffo représente en relief, la technique avec laquelle il s’est fait connaître, celle-là même avec laquelle il a façonné ses libellules colorées, « le symbole de la liberté », comme il nous l’a dit il y a un an à Catane, à l’occasion de son exposition personnelle à la Fondation Puglisi-Cosentino.

Ces insectes sont partout, dans sa maison-studio romaine de San Lorenzo, au Pastificio Cerere, (un établissement industriel du début du XXe siècle puis restauré dans les années 1970 par un groupe d’artistes qui l’ont transformé en un important atelier artistique et culturel) comme au Palazzo Valle sicilien, dans l’imposante série intitulée « Les six traîtres à la liberté« , où – en référence à une étude menée par le philosophe libéral Isaïe Berlin et à ses conférences diffusées par la BBC en 52 – il a représenté le visage de six philosophes (Helvétius, Saint-Simon, Rousseau, De Maistre, Fichte et Hegel) dont la pensée était marquée par une ligne anti-libérale commune.

Grâce au Turinois Alessandro Pron – expert et sympathique hipster intello descendant d’une prestigieuse famille d’antiquaires et de galeristes savoyards – et à son épouse, Raphaëlla Riboud-Seydoux, charmante dame de la haute bourgeoisie parisienne, les créations de Ruffo se trouvaient également dans les espaces élégants et lumineux de leur nouvelle galerie, qui – après des débuts courageux au boulevard Raspail (« lors de l’inauguration de la première exposition le 14 septembre 2001, trois jours après les attentats de New York, il n’y avait que ma femme et moi avec l’artiste Pietro Gilardi », a expliqué Pron) – aujourd’hui, c’est au numéro 15 de la rue du Louvre, non loin de la future Fondation Pinault, des Halles rénovées et de l’église Saint-Eustache, plus de 300 mètres carrés où, dans un mélange artistique et visuel suggestif, on peut acheter des éléments de mobilier et des œuvres d’art importants – et jamais insignifiants.

Comme à Catane, Ruffo a apporté à Paris sa « Maison de la Liberté », le lieu de la réflexion intérieure, celui où l’artiste nous invite à découvrir une forêt verte et vibrante dessinée à l’encre de Chine qui sert de toile de fond aux vers du poète, artiste et philosophe libanais Khail Gibran, un lieu où le détail supplémentaire est donné par les miroirs qui sont nécessaires pour regarder à l’intérieur et nous faire nous regarder nous-mêmes.

« La liberté est l’idée qui unit tous ces projets, mais elle n’est pas une valeur universelle car elle est morcelée dans les aspirations particulières de chaque peuple ou groupe ethnique ou politique », a-t-il expliqué. « Chacun peut créer son propre modèle de liberté, car c’est une valeur qui doit être recherchée en nous », a-t-il ajouté, en nous montrant des œuvres qui lui tiennent à cœur, comme le « Printemps asiatique américain » et le « Printemps arabe », inspirées et dédiées au Printemps arabe.

« Les couleurs de la carte culturelle », une œuvre créée pour le projet « Imago Mundi » de Luciano Benetton, est au contraire un manuel illustré qui nous permet de voir quelques personnages des différents peuples du monde. « C’est une représentation cartographique du globe avec les populations qui l’habitent et les traditions culturelles qui le distinguent », poursuit l’artiste. « J’ai voulu établir un lien entre les populations de différentes zones géographiques et leur façon différente d’associer à chaque humeur une couleur qui perd ici sa valeur décorative pour devenir un outil cognitif de la psychologie humaine ».

L’Italie est mise en pièces par lui dans une des œuvres symboliques et le monde devient un atlas d’émotions, un théâtre habité par des phénomènes migratoires qui représentent à leur tour un défi pour notre société. Le changement climatique, les tensions politiques et la recherche d’un meilleur monde économique et religieux sont pour lui autant de facteurs qui reflètent un monde interconnecté où les frontières géographiques et culturelles triomphent souvent.

« Que ce soit à Calais ou à Lampedusa, dans le nord de la France ou dans le sud de l’Italie, dans la Manche ou en Méditerranée, j’ai trouvé dans ses œuvres le drame migratoire des camps de réfugiés, le jeu des oiseaux qui courent, nagent, mangent, boivent et volent dans les déserts comme dans les mers, symboles du souffle et de l’esprit de millions de vies en danger », a écrit l’avocat et expert en art Pierre Farge dans sa note critique. La vérité nous échappe et l’éternité nous évite, mais l’art de Ruffo les remplace et les rend immortels comme le fait la justice, « un pont entre les cultures, les religions et les races, le dernier recours de la persuasion et de la démocratie ».


L’illusione perfetta del mondo che cambia nell’arte raffinata di Pietro Ruffo

La mostra dell’artista a Parigi. Sognatore immerso nella realtà

Parigi. Utilizza i colori primari, li mescola e ne crea di nuovi, prende forbici e pennelli, colora e taglia, costruisce quadri curati in ogni singolo particolare dove pezzi in legno, ferro, acrilico, gesso o semplici intagli su carta attirano e conquistano chi guarda. Ci fa viaggiare nel presente che ci circonda focalizzando l’attenzione sull’attualità, sulla cronaca, sui princìpi della geopolitica internazionale e sul concetto universale di libertà analizzato da più punti di vista. E’ Pietro Ruffo, l’architetto/artista, un sognatore con i piedi ben saldi nella realtà da cui trae spunto per le sue storie, creatore di immagini che fanno riflettere, ma, soprattutto, stupire e sognare.

Romano, classe 1978, vincitore del Premio Cairo e del Premio New York, ha già all’attivo diverse mostre personali e collettive ospitate in musei e fondazioni, è osannato dal mondo dell’arte e della critica, è ricercato dai collezionisti e sponsorizzato dal côté più raffinato e più snob dell’effimero mondo della moda. Maria Grazia Chiuri, ex direttore creativo di Valentino, lo ha scelto, due anni fa, per lo scenografico allestimento di Memorabilia, la sfilata-evento per i cinquant’anni della maison romana in piazza Mignanelli, e adesso che è passata al timone di Dior, lo ha portato anche a Parigi, facendogli creare appositamente tele e animali lignei rubati alla giungla per il suo giardino incantato a Les Invalides.

Proprio nella Ville Lumière, la Galerie Italienne lo ha ospitato con la mostra “L’Illusion Parfaite”, dedicata alla nuova serie “Migrazioni”, opere che con i loro colori – il bianco e blu – ricordano le ceramiche cinesi; disegni, cartografie e découpage con cui ha fatto un’analisi personale dei flussi migratori, affidandosi alla sua tecnica minuziosa e delicata che gli ha permesso di mostrare al meglio la fragilità di un mondo in perpetuo movimento. Popoli antichi si spostano su planisferi racchiusi in cornici tonde, coniche, ovali o a forma di stella: vanno da un continente all’altro assieme ai loro animali (elefanti, cavalli, persino orsi e ghepardi) seguendo il percorso degli uccelli, che Ruffo rappresenta in rilievo, la tecnica con cui si è fatto conoscere, la stessa con cui ha dato forma alle sue libellule colorate, “il simbolo della libertà”, come ci disse un anno fa a Catania, in occasione della sua personale alla Fondazione Puglisi-Cosentino.

Quegli insetti sono ovunque, nella sua casa-studio romana a San Lorenzo, al Pastificio Cerere, (insediamento industriale di inizio Novecento poi restaurato negli anni Settanta da un gruppo di artisti che lo ha trasformato in un importante laboratorio d’arte e iniziative culturali) come nel siciliano Palazzo Valle, nella imponente serie intitolata “I sei traditori della libertà”, dove – rifacendosi a uno studio condotto dal filosofo liberale Isaiah Berlin e alle sue conferenze trasmesse dalla Bbc nel ’52 – ritrasse il volto di sei filosofi (Helvétius, Saint-Simon, Rousseau, De Maistre, Fichte e Hegel) il cui pensiero era segnato da una comune linea antiliberale.

Grazie al torinese Alessandro Pron – un esperto e simpatico hip-intellò discendente da una prestigiosa famiglia di antiquari e galleristi sabaudi – e a sua moglie, Raphaëlla Riboud-Seydoux, charmante dame de la haute bourgeoisie parisienne – le creazioni di Ruffo sono state anche negli spazi eleganti e luminosi della loro nuova galleria, che – dopo un inizio coraggioso in Boulevard Raspail (“all’inaugurazione della prima mostra, il 14 settembre del 2001, tre giorni dopo gli attentati a New York, c’eravamo solo mia moglie ed io con l’artista Pietro Gilardi”, ha spiegato Pron) – oggi è al numero 15 di rue du Louvre, poco distante dalla futura Fondation Pinault, dai rinnovati Les Halles e dalla chiesa di Saint-Eustache, più di trecento metri quadri dove in un suggestivo mélange artistico e visivo si possono acquistare importanti – e mai banali – componenti d’arredo e opere d’arte.

Come a Catania, anche a Parigi Ruffo ha portato la sua “Liberty House”, il luogo della riflessione interiore, quello in cui l’artista ci invita a scoprire una vibrante foresta verde disegnata a china che fa da sfondo ai versi del poeta, artista e filosofo libanese Khail Gibran, un posto in cui il particolare aggiunto è dato dagli specchi che sono necessari per guardarsi dentro e per far proseguire lo sguardo verso noi stessi.

“La libertà è l’idea che unisce tutti questi progetti, ma non è un valore universale perché esso è parcellizzato nelle aspirazioni particolari di ciascun popolo o gruppo etnico o politico”, ci ha spiegato. “Tutti possono crearsi il proprio modello di libertà, perché è un valore che va ricercato dentro di noi”, ha aggiunto mostrandoci opere a cui tiene molto, come “Asian American Spring” e “Arab Spring”, ispirate e dedicate alla Primavera araba. “The Colours of Cultural Map”, un lavoro realizzato per il progetto “Imago Mundi” di Luciano Benetton, costituisce invece un manuale illustrato che ci consente di visionare alcuni caratteri dei diversi popoli del mondo.

“E’ una rappresentazione cartografica del globo con le popolazioni che lo abitano e le tradizioni culturali che lo contraddistinguono”, ha continuato l’artista. “Ho voluto instaurare una connessione tra le popolazioni di differenti aree geografiche e il loro diverso modo di associare a ogni stato d’animo un colore che qui perde il suo valore decorativo per divenire strumento conoscitivo della psicologia umana”.

L’Italia è da lui fatta a pezzi in una delle opere-simbolo e il mondo diventa un atlante delle emozioni, un teatro abitato da fenomeni migratori che rappresentano a loro volta una sfida per la nostra società. I cambiamenti climatici, le tensioni politiche e la ricerca di un mondo economico e religioso migliore, sono per lui tutti quanti dei fattori che riflettono un mondo interconnesso dove a trionfare sono spesso i confini geografici e culturali.

“Che si tratti di Calais o di Lampedusa, del nord della Francia come del sud Italia, della Manica come del Mediterraneo, ho ritrovato nelle sue opere il dramma migratorio dei campi dei rifugiati, il gioco degli uccelli che corrono, nuotano, mangiano, bevono e volano nei deserti come nei mari, simboli del respiro e dello spirito di milioni di vite in pericolo”, ha scritto nella nota critica l’avvocato ed esperto d’arte Pierre Farge. La verità ci sfugge e l’eternità ci evita, ma l’arte di Ruffo le rimpiazza e le rende immortali come fa la giustizia, “un ponte tra le culture, le religioni e le razze, l’ultima istanza di persuasione e di democrazia”.

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